Tunnel à Terre-Neuve : quel avenir pour le projet évoqué par les libéraux?
Évoqué par les libéraux fédéraux dans leur programme électoral de 2019, un projet de tunnel entre l'île de Terre-Neuve et le reste du Canada n’a pas progressé depuis. L’actuel chef libéral, Mark Carney, veut accélérer les grands projets d'infrastructures et demande aux gouvernements provinciaux de proposer à Ottawa de gros chantiers pouvant stimuler l’économie. Mais pendant une visite à Terre-Neuve lundi, il n’était vraisemblablement pas au courant du projet de tunnel et a indiqué que l’ouvrage n'avait pas été abordé pendant une rencontre avec les premiers ministres provinciaux vendredi dernier. Le chef du Parti libéral du Canada, Mark Carney, parle à une électrice pendant une visite à Gander, sur l'île de Terre-Neuve, le 24 mars 2025. Photo : Reuters / Blair Gable Le service de traversier Marine Atlantique, une société de la Couronne, assure actuellement des liaisons maritimes entre le Cap-Breton et Terre-Neuve. Mais comme le rappelle Danny Dumaresque, ancien député provincial et ex-président du Parti libéral de Terre-Neuve-et-Labrador, ce service est souvent perturbé par la météo pendant l’hiver. Des camionneurs peuvent attendre des jours à la gare maritime de Port-aux-Basques ou de North Sydney. Danny Dumaresque, ancien président du Parti libéral de Terre-Neuve-et-Labrador, à Ramea en 2019. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Patrick Butler Le tunnel de 16 km, à l’étude depuis les années 1970, relierait Yankee Point, dans le nord de Terre-Neuve, à Point Amour, dans le sud du Labrador. Le dernier rapport de faisabilité, publié par le gouvernement provincial en 2018, proposait deux projets possibles : un tunnel ferroviaire et un tunnel routier. À l’époque, la construction devait prendre au moins 14 ans et la facture estimée s’élevait à au moins 1,7 milliard $. Le dossier semblait s’accélérer en 2019, après les élections remportées par les libéraux de Justin Trudeau. Un rapport (nouvelle fenêtre) du comité des Transports de la Chambre des communes venait de recommander la construction du projet. La lettre de mandat de la ministre des Infrastructures l’obligeait explicitement à créer un Fonds national d’infrastructure pour Alors qu'il était directeur général de l'Association du camionnage des provinces atlantiques, en 2020, Jean-Marc Picard avait prévenu que le succès d’un tunnel entre Terre-Neuve et le reste du Canada dépendrait non seulement de l’élaboration d’un plan de construction viable, mais aussi des investissements importants dans les infrastructures routières dans le Nord du Québec et à Terre-Neuve. Au Québec, le lien fixe représente notamment une façon de compléter la route 138, reliant ainsi plusieurs communautés de la Côte-Nord au reste de la province. Les conservateurs et les néo-démocrates à Ottawa n'ont jamais évoqué le projet de tunnel dans leurs plateformes respectives.Personne ne l’a mentionné, le tunnel, pendant cette réunion. Mais on verra, il faut travailler ensemble
, a affirmé Mark Carney pendant un point de presse à Gander. Je n’étais pas là en 2019
, a-t-il rappelé.
Un projet pour désenclaver l’île
C’est sûr que l’absence de progrès me déçoit, parce qu’il n’y a aucun autre projet d'infrastructures qui aurait le même effet sur le développement économique et sur la création d’emplois [à Terre-Neuve-et-Labrador]
, estime-t-il. La raison est simple. Nous sommes isolés et la présence d'un lien terrestre ouvert 24 h sur 24 changerait la donne pour le transport de marchandises.

appuyer de grands projets rassembleurs
, dont le lien terrestre entre Terre-Neuve et le reste du Canada.Une façon de compléter la route 138
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